Les études sur les violences conjugales montrent que la majorité des meurtres conjugaux sont commis par des hommes qui tuent leur compagne. Si le sexisme et le patriarcat sont évoqués non sans raison pour expliquer ces morts violentes, le sexe masculin n'est néanmoins pas le seul facteur déterminant. Cette étude porte sur un période de 5 ans (2014 à 2018), et elle va comparer la population globale des hommes en fonction de la catégorie socio-professionnelle comparée à la population des auteurs de meurtres conjugaux ; les statistiques viennent de l'INSEE pour les CSP, et du ministère de l'intérieur pour les auteurs de meurtres conjugaux. Bien que les statistiques des meurtres conjugaux incluent aussi les femmes, qui représentent entre 12 et 20 % des auteurs, par souci de simplicité, il sera admis que la proportion des hommes et des femmes est égale par catégorie socio-professionnelle. Cela entraîne néanmoins quelques biais; il est probable que la proportion des femmes parmi les employés meurtriers conjugaux soit plus importante, du fait de la surreprésentation des femmes dans cette catégorie. Néanmoins, voici les statistiques:
2014 Total Auteurs féminicides Ratio Auteurs/Total
Cadres +
Profession intermédiaires 25,1 4,9 0,19
Ouvriers 20,4 8,39 0,41
Employés 7,9 9,79 1,24
Inactifs 39,9 67,13 1,68
Autres 6,4 9,79 1,53
2015 Total Auteurs féminicides Ratio Auteurs/Total
Cadres +
Profession intermédiaires 25,1 6,62 0,26
Ouvriers 20,2 8,82 0,44
Employés 8,0 12,5 1,56
Inactifs 40,1 66,91 1,67
Autres 6,4 5,15 1,19
2016 Total Auteurs féminicides Ratio Auteurs/Total
Cadres +
Profession intermédiaires 25,1 7,24 0,29
Ouvriers 20,0 8,70 0,44
Employés 7,7 16,67 2,16
Inactifs 40,4 58,69 1,45
Autres 6,5 9,7 1,49
2017 Total Auteurs féminicides Ratio Auteurs/Total
Cadres +
Profession intermédiaires 25,1 3,2 0,13
Ouvriers 20,2 8,00 0,40
Employés 7,8 19,2 2,46
Inactifs 40,4 64,8 1,60
Autres 6,3 4,8 0,76
2018 Total Auteurs féminicides Ratio Auteurs/Total
Cadres +
Profession intermédiaires 25,4 3,3 0,13
Ouvriers 19,7 8,10 0,41
Employés 7,8 12,8 1,64
Inactifs 40,4 71,8 1,78
Autres 6,3 4,0 0,63
Quelques commentaires
- D'une année à une autre, peu de changements de la répartition de la population entre les différentes catégories socio-professionnelles.
- Les inactifs représentent près de 40% de la population, mais en moyenne entre 60 et 70 % des féminicides : odds ratio élevé et stable entre 1,5 et 1,8
- Parmi les professions les moins touchées par les féminicides : les cadres et professions intermédiaires, qui, bien qu'elles représentent près de 25% de la population, n'atteint jamais les 8% des auteurs de féminicides, avec souvent moins de 5% : odds ratio entre 0,15 et 0,3
- Du fait de leur faible nombres, agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise (réunis dans "Autres") ont une grande variabilité d'année en année: odds ratio entre 0,6 et 1,5, avec une tendance à la diminution
- Ratio faibles et très stables chez les ouvriers : près de 0,4
- Grande variations chez les employés, qui, proportionnellement, ont parfois les odds ratio supérieurs à 2, avec une augmentation majeure de 2014 à 2017, puis une chute en 2018. odds ratio de 1,24 à 2,46
- Globalement, il est à noter que les employés + inactifs, s'ils représentent moins de 50% de la population masculine, représentent à eux seuls entre 75 et 84% des féminicides.
A l'opposé, les professions les plus favorisées (cadres + professions intermédiaires), n'en représentent que 3 à 8%bien que constituant 25% de la population.
Cela signifie qu'à sexe équivalent, un homme de PCS peu prestigieux, avec soit rémunération faible, soit isolement du fait de la retraite, aura 5 à 10 fois plus de probabilité de tuer sa conjointe qu'un homme compris dans les 2 PCS les plus prestigieuses. C'est quasi-équivalent au ratio hommes/femmes dans les auteurs de meurtres conjugaux, qui oscille entre 4 et 8, voire même plus élevé.
Cela signifie que le lien entre féminicide et domination masculine est plus subtil qu'il n'y paraît, puisque c'est paradoxalement, au sein de la population masculine, le groupe masculin qui a le rôle le plus dominant en société (cadres et professions intermédiaires) qui commet le moins de féminicides, et que la majorité des auteurs de féminicides sont inclus dans des groupes plutôt marginaux (inactifs non retraités, qui représentent 30 à 40 % des auteurs (chiffres non détaillés), fragilisés et souvent isolés socialement (retraités, qui représentent près de 30 % des auteurs (taux stable d'année en année, non détaillés) ou bien occupant une profession souvent peu valorisée et mal payée (employés). Ces hommes surreprésentés parmi les auteurs de féminicides sont plutôt les perdants du système patriarcal, plutôt que les gagnants.
Comment expliquer ce paradoxe?
- Explication 1: l'un des principaux déclencheurs de la violence chez les hommes est la crainte de perte de virilité, et l'utilisation de la violence et de la domination comme moyen de conjurer cette crainte : ayant honte de leur statut de ratés au niveau social (le statut social est un marqueur de masculinité chez beaucoup d'hommes), ils se prouvent à eux mêmes leur virilité en dominant au moins leur compagne : l'utilisation de la domination masculine serait un phénomène de compensation
- Explication 2 : Les hommes à statut socio-professionnel élevé ont beaucoup à perdre s'ils commettent un meurtre: même s'ils ne peuvent conserver leur "chose féminine", ils sont moins tentés de se livrer à un acte suicidaire, qu'il soit effectif (1/3 des auteurs de féminicides se suicident, et si les tentatives de suicide sont incluses, le chiffre monte à près de 50%) ou au moins social (arrestation, incarcération, perte de la garde des enfants). Ayant un statut social dont ils sont fiers, ils voudront conserver ce marqueur de masculinité. A l'opposé, les inactifs et employés n'ont pas de statut social qui semble valoir la peine d'être conservé s'ils perdent le contrôle sur leur épouse, et la perte de contrôle sur leur compagne leur arrache tout ce qu'il leur reste de masculinité, puisqu'ils ne disposent pas de celle associée au statut social.
- Explication 3: Les hommes appartenant à des PCS élevées peuvent plus facilement remplacer leur compagne que ceux à PCS basse: ils accepteront plus facilement une rupture, car ils pourront trouver plus facilement une remplaçante, et donc ils ne sentiront pas leur virilité menacée.
-Explication 4: le paradoxe de l'ouvrier, qui, bien qu'appartenant à une PCS basse, est sous représenté parmi les auteurs de féminicides : explication : leur métier d'ouvrier est associé au symbole viril: bien que moins qualifié et moins bien payé, leur statut d'ouvrier, associé souvent à la force, leur apporte une image virile réconfortante pour eux-mêmes, limitant cette angoisse dévirilisante, qui est le moteur de la violence contre les femmes qui aboutit au féminicide.
Au final, le principal moteur du féminicide est certes le désir de contrôle des femmes dans le contexte de la société patriarcale, mais elle est presque toujours associé à un statut précaire de virilité chez les hommes les plus à risque de la commettre, en particulier du fait de leur statut social bas. Aussi, la protection des femmes contre les meurtres conjugaux doit inclure, outre une prise en charge de l'homme potentiellement violent pour lutter contre sa mentalité sexiste, mais nécessite aussi de prendre en compte le contexte social de l'auteur, comprendre comment il entraîne une angoisse de perte de virilité chez l'auteur de violences, et donc favorise le comportement violent, possessif et meurtrier comme reflexe de compensation, et surtout, aider à trouver des moyens afin de permettre à ses hommes de diminuer leurs angoisses de perte de virilité, par des définitions alternatives de masculinité que celles de la masculinité traditionnelle (domination sur les autres, statut social élevé, besoin de déployer sa force physique pour imposer le pouvoir sur l'autre).
mardi 22 octobre 2019
samedi 23 mai 2015
Women and symphony orchestras : a comparison of 5 countries
This post is gonna be a summary in ENglish of all the previous posts in French, and has as an aim to compare five countries and the percentage of women in their orchestras, and by instrument.
27 French orchestras, 13 Canadians orchestras, 10 Swiss orchestras, 18 orchestras from the UK and 8 orchestras from Australia and New Zealand have been studied. The number of musicians and the number of women have been assessed by visiting the official website of the orchestras, counting the number of musicians and identifying the women among them. When pictures of the musicians weren't shown, a little risk of error might happen, because nome first names are ambiguous, but the total error remains very small. Piccolos are included in flutes, cor anglais in oboe, bassclarinet in clarinet and contrebassoon in bassoons.
Conductors are mostly men, and only a handful of women has been found among them in all the orchestras studied together.
Country France Canada Switzerland United Kingdom Australia +New Zealand
Nb orch 27 13 10 18 8
Total 37 45 39 40 46
Strings
Violin 59 61 60 57 66
Solo Vl 46 52 45 50 46
Viola 50 40 51 45 53
Solo Va 33 27 43 34 35
Cello 38 49 38 50 40
Solo Vc 30 32 16 29 28
Bass 19 15 10 23 17
Solo Cb 26 21 0 8 12.5
Wood-
Winds
Flute 57 82 57 57 75
Oboe 20 58 24 54 48
Clarinet 19 39 11 18 20
Bassoon 18 41 29 33 58
Brass
Horns 9 45 9 13 38
Trumpet 3 13 6 4 14
Trombone 0 17 4 8 0
Tuba 0 8 20 0 0
Others
Percussion 7 13.5 11 9 12
Harp 80 89 92 71 100
Conclusions
In all five countries (6 actually, but Australia and New Zealand are grouped together), women are a big part of the orchestra but not the majority, between 37% (France) and 46 % (Australia/NZ). Men still ounumber women, but parity is slowly reaching orchestras.
The most interesting element of those comparisons is that all orchestras have similar trends in a lot of groups : harps, flutes are mostly women, among violins, women are the majority, there is roughly an even number of men and women for viols and cellos. For a same string instrument, there are less women among solo players than among the total players.
Groups with few women are always the same : basses, percussions, brass instruments (except horns in a few cases).
Some instruments show variable patterns depending on the countries, notably woodwinds other than flutes, and horns among the brass : while horn players aren't many in European countries, in Canada and Australia+NZ, more than 1/3 of horn players are women.
While in France, oboists are only 20% women, Canada and the UK have a majority of women among oboists, and Australia+NZ women are almost 50 % of all oboists.
Bassoons also vary a lot between countries : less than 20% in France, but more than half in Australia+NZ of bassoonists are women, with other countries being between.
Usually, when the percentage of total women in orchestras is higher, the number of women playing wind instruments is higher as well.
27 French orchestras, 13 Canadians orchestras, 10 Swiss orchestras, 18 orchestras from the UK and 8 orchestras from Australia and New Zealand have been studied. The number of musicians and the number of women have been assessed by visiting the official website of the orchestras, counting the number of musicians and identifying the women among them. When pictures of the musicians weren't shown, a little risk of error might happen, because nome first names are ambiguous, but the total error remains very small. Piccolos are included in flutes, cor anglais in oboe, bassclarinet in clarinet and contrebassoon in bassoons.
Conductors are mostly men, and only a handful of women has been found among them in all the orchestras studied together.
However women are more numerous among instrumentists, as seen there.
Percentage of women in orchestras
Nb orch 27 13 10 18 8
Total 37 45 39 40 46
Strings
Violin 59 61 60 57 66
Solo Vl 46 52 45 50 46
Viola 50 40 51 45 53
Solo Va 33 27 43 34 35
Cello 38 49 38 50 40
Solo Vc 30 32 16 29 28
Bass 19 15 10 23 17
Solo Cb 26 21 0 8 12.5
Wood-
Winds
Flute 57 82 57 57 75
Oboe 20 58 24 54 48
Clarinet 19 39 11 18 20
Bassoon 18 41 29 33 58
Brass
Horns 9 45 9 13 38
Trumpet 3 13 6 4 14
Trombone 0 17 4 8 0
Tuba 0 8 20 0 0
Others
Percussion 7 13.5 11 9 12
Harp 80 89 92 71 100
Conclusions
In all five countries (6 actually, but Australia and New Zealand are grouped together), women are a big part of the orchestra but not the majority, between 37% (France) and 46 % (Australia/NZ). Men still ounumber women, but parity is slowly reaching orchestras.
The most interesting element of those comparisons is that all orchestras have similar trends in a lot of groups : harps, flutes are mostly women, among violins, women are the majority, there is roughly an even number of men and women for viols and cellos. For a same string instrument, there are less women among solo players than among the total players.
Groups with few women are always the same : basses, percussions, brass instruments (except horns in a few cases).
Some instruments show variable patterns depending on the countries, notably woodwinds other than flutes, and horns among the brass : while horn players aren't many in European countries, in Canada and Australia+NZ, more than 1/3 of horn players are women.
While in France, oboists are only 20% women, Canada and the UK have a majority of women among oboists, and Australia+NZ women are almost 50 % of all oboists.
Bassoons also vary a lot between countries : less than 20% in France, but more than half in Australia+NZ of bassoonists are women, with other countries being between.
Usually, when the percentage of total women in orchestras is higher, the number of women playing wind instruments is higher as well.
Femmes et orchestres symphoniques : orchestres océaniens (Australie et Nouvelle Zélande)
Cette étude a examiné les orchestres d'Océanie, les six orchestres nationaux australiens (les orchestres de Sydney, Melbourne, du Queensland, d'Adélaïde, le West Australian, et l'orchestre de Tasmanie), ainsi que les deux principaux orchestres néo-zélandais (New Zeland Symphony Orchestra et le Philhamonique d'Aukland). La méthodologie reste la même que pour les travaux précédents.
Chefs d'orchestre
Comme dans le reste du monde, le métier de chef d'orchestre reste masculin : sur les 8 orchestres (15 chef principaux), pas un seul n'avait de femme chef d'orchestre : à noter cependant que sur les 15 chefs invités du Queensland, on note 4 femmes.
Musiciens
Ces 8 orchestres représentent un total de 595 musiciens. Dans ce total, on compte 274 femmes, ce qui représente 46% du total, soit une quasi parité.
Cependant, là encore, il est important d'observer la féminisation des différents pupitres.
Cordes
Violons : Sur 193 musiciens, il est observé 127 femmes, soit 66 % du total, soit près des 2/3 : les violons représentant près du tiers de l'ensemble des musiciens, la grande féminisation de ce pupitre là encore a un rôle majeur dans la féminisation de l'orchestre : les femmes violonistes représentent près de la moitié de l'ensemble des musiciennes. En revanche, la proportion des femmes reste moindre chez les solistes : 21 femmes sur un total de 46, soit 46 % du total.
Altos : Sur 72 musiciens, il est observé 38 femmes, soit 53 % du total, soit une courte majorité : en revanche, sur 17 solistes répertoriés, il n' a que 6 femmes, soit 35 %.
Violoncelles : Sur 63 musiciens, 25 femmes sont observées, soit 40 % du total ; sur 18 solistes, 5 femmes, soit 28 %.
Contrebasses : Sur 48 musiciens, 8 femmes sont observées, soit 17 % du total ; sur 16 solistes, 2 femmes, soit 12,5 %.
Bois
Flûtes : Sur 24 flûtistes, il est observé 18 femmes, soit 75 % du total
Hautbois : Sur 25 hautboïstes, il est observé 12 femmes, soit 48 % du total
Clarinettes : Sur 25 clarinettistes, il est observé 5 femmes, soit 20 % du total
Bassons : Sur 24 bassonistes, il est observé 14 femmes, soit 58 % du total
Cuivres
Cors : Sur 37 cornistes, il est observé 14 femmes, soit 38 % du total
Trompettes : Sur 22 trompettistes, il est compté 3 femmes, soit 14 % du total
Trombones et tubas : Sur 22 trombonistes et 8 tubistes, aucune femme
Autres
Percussions : Sur 25 percussionnistes, 3 femmes sont observées, soit 12 % du total
Harpes : Toutes les harpistes (7 au total) étaient des femmes (100%)
Conclusion
Comme pour les autres pays étudiés, la féminisation des orchestres suit le profil typique : féminisation très importante des pupitres des harpes et flûtes, forte féminisation des violons (ici, plus de 60 %), relative parité pour les altos et violoncelles (ici, courte majorité pour les altos, et près de 40 % des violoncellistes). Cependant, là encore, la proportion de femmes solistes chez les cordes est moindre que la proportion au total.
Là encore, les pupitres peu féminisés sont retrouvés au niveau des cuivres et percussions ( à peine plus de 10 % des trompettes et percussions, aucune tromboniste ou tubiste), et chez les cordes, peu de contrebassistes (17 %).
En revanche, la féminisation des orchestres océaniens reste importante par rapport à d'autres pays, et cette forte féminisation s'observe dans les pupitres montrant une dynamique de féminisation, en particulier les bois hors flûtes et les cors : il est observé une remarquable parité sur les pupitres des hautbois et bassons, (les femmes bassonistes sont majoritaires) et le pupitre des cors montre aussi une importante féminisation avec près de 38 % de femmes, une proportion comparable à celle des violoncellistes.
En revanche, le pupitre des clarinettes est, parmi les bois, celui qui est le plus rebelle à la féminisation, avec seulement, 20% de femmes.
La féminisation des orchestres australiens montre un profil similaire à celui des orchestres canadiens, avec une plus forte féminisation que dans les orchestres européens, avec là encore, les pupitres des hautbois, bassons (comme déjà observé au Canada et Royaume Uni) et cors (comme au Canada) qui montre une forte féminisation, en plus des pupitres traditionnellement féminins (cordes hors contrebasses, flûtes et harpe).
Chefs d'orchestre
Comme dans le reste du monde, le métier de chef d'orchestre reste masculin : sur les 8 orchestres (15 chef principaux), pas un seul n'avait de femme chef d'orchestre : à noter cependant que sur les 15 chefs invités du Queensland, on note 4 femmes.
Musiciens
Ces 8 orchestres représentent un total de 595 musiciens. Dans ce total, on compte 274 femmes, ce qui représente 46% du total, soit une quasi parité.
Cependant, là encore, il est important d'observer la féminisation des différents pupitres.
Cordes
Violons : Sur 193 musiciens, il est observé 127 femmes, soit 66 % du total, soit près des 2/3 : les violons représentant près du tiers de l'ensemble des musiciens, la grande féminisation de ce pupitre là encore a un rôle majeur dans la féminisation de l'orchestre : les femmes violonistes représentent près de la moitié de l'ensemble des musiciennes. En revanche, la proportion des femmes reste moindre chez les solistes : 21 femmes sur un total de 46, soit 46 % du total.
Altos : Sur 72 musiciens, il est observé 38 femmes, soit 53 % du total, soit une courte majorité : en revanche, sur 17 solistes répertoriés, il n' a que 6 femmes, soit 35 %.
Violoncelles : Sur 63 musiciens, 25 femmes sont observées, soit 40 % du total ; sur 18 solistes, 5 femmes, soit 28 %.
Contrebasses : Sur 48 musiciens, 8 femmes sont observées, soit 17 % du total ; sur 16 solistes, 2 femmes, soit 12,5 %.
Bois
Flûtes : Sur 24 flûtistes, il est observé 18 femmes, soit 75 % du total
Hautbois : Sur 25 hautboïstes, il est observé 12 femmes, soit 48 % du total
Clarinettes : Sur 25 clarinettistes, il est observé 5 femmes, soit 20 % du total
Bassons : Sur 24 bassonistes, il est observé 14 femmes, soit 58 % du total
Cuivres
Cors : Sur 37 cornistes, il est observé 14 femmes, soit 38 % du total
Trompettes : Sur 22 trompettistes, il est compté 3 femmes, soit 14 % du total
Trombones et tubas : Sur 22 trombonistes et 8 tubistes, aucune femme
Autres
Percussions : Sur 25 percussionnistes, 3 femmes sont observées, soit 12 % du total
Harpes : Toutes les harpistes (7 au total) étaient des femmes (100%)
Conclusion
Comme pour les autres pays étudiés, la féminisation des orchestres suit le profil typique : féminisation très importante des pupitres des harpes et flûtes, forte féminisation des violons (ici, plus de 60 %), relative parité pour les altos et violoncelles (ici, courte majorité pour les altos, et près de 40 % des violoncellistes). Cependant, là encore, la proportion de femmes solistes chez les cordes est moindre que la proportion au total.
Là encore, les pupitres peu féminisés sont retrouvés au niveau des cuivres et percussions ( à peine plus de 10 % des trompettes et percussions, aucune tromboniste ou tubiste), et chez les cordes, peu de contrebassistes (17 %).
En revanche, la féminisation des orchestres océaniens reste importante par rapport à d'autres pays, et cette forte féminisation s'observe dans les pupitres montrant une dynamique de féminisation, en particulier les bois hors flûtes et les cors : il est observé une remarquable parité sur les pupitres des hautbois et bassons, (les femmes bassonistes sont majoritaires) et le pupitre des cors montre aussi une importante féminisation avec près de 38 % de femmes, une proportion comparable à celle des violoncellistes.
En revanche, le pupitre des clarinettes est, parmi les bois, celui qui est le plus rebelle à la féminisation, avec seulement, 20% de femmes.
La féminisation des orchestres australiens montre un profil similaire à celui des orchestres canadiens, avec une plus forte féminisation que dans les orchestres européens, avec là encore, les pupitres des hautbois, bassons (comme déjà observé au Canada et Royaume Uni) et cors (comme au Canada) qui montre une forte féminisation, en plus des pupitres traditionnellement féminins (cordes hors contrebasses, flûtes et harpe).
dimanche 3 mai 2015
Femmes et orchestres symphoniques : orchestres du Royaume Uni
Après la France, le Canada et la Suisse, la place des femmes dans les orchestres du Royaume Uni sera analysée dans cet article.
18 orchestres du Royaume Uni ont été examinés dans le cadre de cette étude : la méthode de travail reste la même : recherche des différents musiciens sur les sites officiels des orchestres. Là encore, les résultats ont une légère marge d'erreur, liées à d'une part, quelques musiciens dont le prénom laissait planer un doute sur le sexe, sans possibilité de vérifier par une identification par photographie, ou bien la présence de postes vacants. Cependant, cette marge d'erreur n'est que peu significative.
Là encore, les femmes restent complètement absentes du pupitre de chef d'orchestre : sur 43 chef d'orchestres, seulement 2 femmes, et l'une est une assistante, l'autre une chef invitée : aucun directeur artistique de sexe féminin. Comme dans les autres pays, le pupitre de chef d'orchestre reste presque inaccessible aux femmes ; à noter cependant que c'est le London Symphony Orchestra qui a une femme chef d'orchestre assistant.
Les 18 orchestres représentent 1281 instrumentistes. Sur ces 1281 instrumentistes, 516 sont des femmes, soit 40% du total, ce qui reste comparable aux données observées dans les autres pays.
A noter cependant que le plus prestigieux d'entre eux, le London Symphony Orchestra n'a que 29 % de femmes.
Au niveau des différents pupitres, la répartition des femmes instrumentistes suit le schéma suivant :
Cordes
Violons : sur 432 instrumentistes, on compte 246 femmes, soit 57% : comme dans les autres pays, les violonistes sont en majorité des femmes, et près de la moitié de l'effectif féminin des orchestres sont au pupitre des violons: par contre, sur 94 violonistes identifiés "solistes", 47 sont des femmes, soit 50%, soit une proportion moindre que pour l'ensemble des violonistes.
Altos : Sur 154 instrumentistes, 70 femmes, soit 45 % du total ; sur 32 solites, 11 femmes, soit 34 % ; quasi parité pour l'ensemble, mais moindre proportion de solites par rapport au total.
Violoncelles : sur 137 instrumentistes, 69 femmes, soit près de 50 % : quasi-parité, mais là encore, les solistes ne représentent que 29% du total (10 sur 34)
Contrebasses : sur 99 instrumentistes, 23 femmes, soit 23 % ; sur 25 solites identifiés, 2 femmes, soit 8% du total.
La féminisation des pupitres des cordes suit la tendance générale observée dans les autres pays étudiés: majorité de femmes violonistes, quasi parité pour altos et violoncelles, mais plus faible proportion dans les contrebasses (quoiqu'avec 23 % de femmes chez les contrebassistes, le Royaume Uni est au dessus de la moyenne des autres pays.)
Bois
Flûtes : sur 49 instrumentistes recensés, 28 femmes, soit 57% du total ; comme dans les autres pays, les femmes sont majoritaire à ce pupitre qui leur est traditionnellement associé.
Hautbois : sur 48 instrumentistes, 26 femmes : les femmes sont majoritaires à ce pupitre, avec 54 % des instrumentistes : ce résultat est comparable à ce qui est observé dans les orchestres canadiens qui sont plus féminisés que d'autres orchestres, notamment dans le pupitre des bois.
Clarinettes : sur 45 instrumentistes, 8 femmes, soit 18% du total ; les femmes restent minoritaires au pupitre des clarinettes, qui est parmi les bois, le moins féminisé, comme dans les autres pays examinés.
Bassons: sur 43 instrumentistes, 14 femmes, soit près de 33 % ; les femmes restent minoritaires, mais elles sont relativement bien représentées.
Cuivres
Cors : sur 83 instrumentistes, 11 femmes, soit 13% du total
Trompettes : sur 50 instrumentistes, 2 femmes, soit 4% du total
Trombones : sur 51 instrumentistes, 4 femmes, soit 8 % du total
Tuba : sur 16 instrumentistes, aucune femme
Là encore, les femmes sont très peu présentes au pupitre des cuivres, et elles sont en moyenne un peu plus présentes au pupitre des cors par rapport aux autres.
Percussion : sur 58 instrumentistes, 5 femmes, soit près de 9% du total : les femmes sont très minoritaires, mais elles ont une petite présence.
Harpes : sur 14 instrumentistes, 10 femmes soit 71 % du total : la harpe reste le pupitre traditionnellement féminin.
Conclusion : la féminisation des orchestres britanniques et de ses différents pupitres montre les mêmes tendances observées : près de 40% du total des instrumentistes, avec une présence importante dans les cordes, sauf les contrebasses, les flûtes et les harpes: on note cependant une présence non négligeable au sein des bois autres que la flûte, en particulier le hautbois, où elles sont majoritaires, à la différence de la France et de la Suisse. Comme dans les autres pays européens, très faible présence féminine aux cuivres et aux percussions.
Enfin, pratiquement aucune chef d'orchestre.
Là encore, les stéréotypes sur "instruments féminins" et "instruments non féminins" perdurent, même si il est constaté une présence significative, bien qu'encore faible, de pionnières dans les pupitres peu "féminins" des cuivres et percussions.
samedi 2 mai 2015
Femmes et orchestre symphonique : orchestres suisses
Dans le cadre de la comparaison de la féminisation des orchestres symphoniques, la féminisation des orchestres suisses a été étudiée.
10 orchestres ont été évalués : l'orchestre de la suisse romande, le Tonhalle de Zurich, la Philharmonia de Zurich, le Kammerochester de Basel, la Sinfoniette Basel, l'orchestre symphonique de Berne, l'orchestre de la suisse italienne, les orchestres de chambre de Genève et Lausanne, ainsi que l'orchestre de Bienne Soleure.
Aucun chef d'orchestre directeur musical femme dans aucun des orchestres.
Pour les instrumentistes : sur 799 musiciens, 313 femmes soit une féminisation moyenne de 39,1%
A noter la forte féminisation de l'orchestra Basel, avec près de 58 % des instrumentistes étant des femmes, dont une tromboniste et une tubiste.
Par instruments
Pour les cordes :
Violons : 280 instrumentistes dont 169 femmes, soit une féminisation de 60% : encore une fois, la féminisation de l'orchestre se fait essentiellement par le pupitre nombreux des violons: les violonistes représentent 35 % du total des instrumentistes, mais 54 % des femmes instrumentistes sont violonistes.
En revanche, elles ne représentent que 45 % des violonistes solistes (25 femmes sur 56 violonistes solistes)
Altos : 91 instrumentistes dont 46 femmes : près de 51 % des effectifs ; en revanche, elles ne représentent que 43 % des altistes solistes.
Violoncelles : 79 instrumentistes dont 30 femmes : elles représentent 38 % des effectifs; mais elles ne représentent que 16 % des violoncellistes solites (6 femmes sur 31)
Contrebasses : 53 instrumentistes dont 5 femmes : près de 10 % des effectifs, mais aucune femme soliste
Pour les Bois
Flutes : 30 instrumentistes dont 17 femmes : elles représentent près de 57 % des effectifs : encore une fois, le pupitre des flûtes est le plus féminisé parmi les vents.
Hautbois : 33 instrumentistes, dont 8 femmes : elles représentent 24 % des effectifs
Clarinettes : 36 instrumentistes, dont 4 femmes : elles représentent 11 % des effectifs
Bassons : 35 instrumentistes, dont 10 femmes : elles représentent 29 % des effectifs
Pour les Cuivres :
Cors : 46 instrumentistes, dont 4 femmes : elles représentent un peu moins de 9 % des effectifs
Trompettes : 33 instrumentistes, dont 2 femmes : elles représentent 6 % des effectifs
Trombones : 25 instrumentistes dont 1 femme : elles représentent 4 % des effectifs
Tuba : 5 instrumentistes dont 1 femme : elles représentent 20 % des effectifs
Percussions : 28 instrumentistes, dont 3 femmes : elles représentent 11 % des effectifs.
Harpes: 12 instrumentistes, dont 11 femmes : elles représentent 92 % des effectifs
Claviers : 3 instrumentistes, dont 2 femmes : elles représentent 67 % des effectifs.
En conclusion, la féminisation des pupitres suit la tendance classique : forte féminisation des pupitres des violons, flûtes et harpes, et féminisation très significative dans les altos et violoncelles (parité pour l'alto, près de 40 % pour les violoncelles). En revanche, très faible féminisation des autres pupitres, en particulier les cuivres et percussion, et féminisation médiocre des pupitres des bois non flûtes.
Quelques élements notables à signaler :
- le pupitre des bassons est plus féminisé que celui des bois plus aigus, tels que hautbois et clarinettes, avec presque 1/3 de femmes.
- la présence d'une tubiste femme, qui augmente très significativement la proportion féminine des tubistes, du faible de leur faible effectif.
- à la différence du Canada, et , dans une moindre mesure, la France, le pupitre des cors n'est pas significativement plus féminisé que celui des autres cuivres.
Là encore, comme dans les autres pays, les stéréotypes des instruments "féminins" et "masculins" persiste, et la féminisation des orchestres suisse est assez similaire à celle des orchestre français, qualitativement et quantitativement.
vendredi 27 mars 2015
Femmes et orchestres symphoniques : comparaison avec le Canada
13 orchestres canadiens ont été étudiés, aisni que la part des femmes au sein de leurs orchestres : l'orchestre symphonique de Montreal, l'orchestre de Victoria, l'oechestre symphique de Toronto, l'orchestre symphonique de Vancouver, l'orchestre philharmonique de Calgary, l'ochestre symphonique d'Edmonton, l'orchestre symphonique de Winnipeg, l'orchestre symphonique de Terre Neuve (Newfoundland symphony orchestra), l'orchestre de Nouvelle Ecosse (Nova Scota orchestra), l'orchestre symphonique de Saskatoon, l'orchestre symphonique de Quebec, l'orchestre métropolitain et l'orchestre de Regina.
1) Chef d'orchestre
Sur 30 chef d'orchestre, 3 femmes (10 %) et sur 13 directeur musicaux, 1 femme (8 %) : cela reste peu, mais la présence d'une femme (Tania Miller au Victoria orchestra) reste significatif pour le poste de directeur musical à haute responsabilité; cela mérite d'être mentionné
2) Musiciens
13 orchestres comprennent 843 musiciens, dont 380 femmes : la proportion totale de femmes est de 45 % : la parité homme femme est presque obtenue est cela est plus élevé que les 37 % observés en France
2-1) Cordes
Violons : 261 musiciens dont 158 femmes : Proportion femmes : 61 %
Violons solistes: 65 musiciens dont 34 femmes : Proportion femmes : 52 %
Altos : 94 musiciens dont 38 femmes : Proportion femmes : 40 %
Altos solistes: 26 musiciens dont 7 femmes : Proportion femmes : 27 %
Violoncelles : 88 musiciens dont 43 femmes : Proportion femmes : 49 %
Violoncelles solistes: 28 musiciens dont 9 femmes : Proportion femmes : 32 %
Contrebasses : 66 musiciens dont 10 femmes : Proportion femmes : 15 %
Contrebasses solistes: 24 musiciens dont 5 femmes : Proportion femmes : 21 %
Total cordes : 509 musiciens dont 249 femmes : Proportion femmes : 49 %
2-2 Bois
Flûtes : 34 musiciens dont 28 femmes : Proportion femmes : 82 %
Hautbois : 33 musiciens dont 19 femmes : Proportion femmes : 58 %
Clarinettes : 33 musiciens dont 13 femmes : Proportion femmes : 39 %
Bassons : 34 musiciens dont 14 femmes : Proportion femmes : 41 %
Total bois : 134 musiciens dont 74 femmes : Proportion femmes : 55 %
2-3 Cuivres
Cors : 58 musiciens dont 26 femmes : Proportion femmes : 45 %
Trompettes : 38 musiciens dont 5 femmes : Proportion femmes : 13 %
Trombones : 36 musiciens dont 6 femmes : Proportion femmes : 17 %
Tubas : 13 musiciens dont 1 femmes : Proportion femmes : 8 %
Total cuivres : 145 musiciens dont 38 femmes : Proportion femmes : 26 %
2-4 Autres
Percussions : 37 musiciens dont 5 femmes : Proportion femmes : 13.5 %
Harpes : 9 musiciens dont 8 femmes : Proportion femmes : 89 %
Claviers: 10 musiciens dont 7 femmes : Proportion femmes : 70 %
3) Commentaires
La féminisation du groupe des cordes est similaire au Canada et en France (ainsi qu'aux Etats Unis) : forte féminisation: globale parité hommes- femmes, mais globalement, prédominance de femmes aux violons ; de manière interessante, par rapport à la France, inversions altos violoncelles : quasi parité aux violoncelles (contre 37 % en France) et 40 % altos (contre 51% en France). Les contrebasses sont le secteur le moins féminisé, avec 15 % de femmes (un peu moins qu'en France). Comme en France (et aux Etats Unis), le taux de féminisation des solistes est moindre pour chaque instrument que pour le total (excepté les contrebasses)
En revanche, dans la section des bois, le taux de féminisation est très important : 55 % : plus de la moitié : la section des flûtistes, instrument associé aux femmes est bien sûr la plus féminisée (82 %), mais les autres instruments montrent aussi une forte féminisation: 58 % pour le hautbois (femmes majoritaires) et les femmes occupent 39 et 41 % respectivement des clarinettes et bassons : par rapport aux orchestres français et américains, la proportion des instrumentistes femmes est plus élevée pour tous les instruments, en particulier les hautbois.Les flûtes représentent moins de la moitié du total des femmes instrumentistes chez les bois (38 %)
Le secteur des cuivres est bien sûr nettement moins féminisé, mais il est à noter que les femmes représentent 45 % des cornistes (quasi- parité) : comme en France et aux Etats Unis, le pupitre des cors est plus féminisé que les autres cuivres, mais en France et aux Etats Unis, la féminisation du pupitre des cors était nettement moindre.
De plus, si les autres pupitres sont moins féminisés, les femmes gardent une présence significative: 13 % des trompettistes, 17 % des trombonistes et 8 % des tubistes (une femme) : cela reste peu, mais cela est nettement plus élevé qu'en France et aux USA ; (les cors représentent 68 % des femmes cuivres)
Le secteur des percussions reste encore peu féminisé, mais les femmes représentent 13.5 %, nettement plus qu'en France et aux USA. Le pupitres des harpistes est bien sûr très féminisé, comme en France et aux US : 89 % (seul un homme harpiste); quant aux claviers, 70 % des instrumentistes sont des femmes.
Au final les orchestres canadiens sont non seulement plus féminisés que les orchestres français et américains, mais les femmes, au lien d'être essentiellement présentes dans les cordes , flûtes et harpes, montrent aussi une présence très significative à d'autres pupitres, comme les autres bois et les cors, et arrivent à dépasser plus de 10 % dans des pupitres très masculinisés tels que les trompettes, trombones et les percussions.
Si quantitativement,la différence de féminisation des orchestres semble peu importante entre le Canada et la France (et les USA), il est très significatif que cette différence résulte essentiellement de la plus grande importance des femmes au delà des pupitres traditionnellement féminins (cordes, flûtes, harpes), et donc une répartition plus homogène des femmes au sein des différents groupes : il est significatif que les femmes sont majoritaires chez les bois au Canada, contrairement à la France, et qu'elles représentent plus du quart des cuivres (dont presque la moitié des cors), contre moins de 10 % en France. De plus, à la différence de la France, les femmes sont représentées dans tous les pupitres de cuivres.
De plus, si les chefs d'orchestres resent majoritairement des hommes, il est constaté une femme comme directrice musical, une percée à ce niveau.
Au final, la féminisation de l'orchestre est plus notable au Canada qu'en France, non seulement quantitativement, mais aussi qualitativement, avec une plus grande féminisation de tous les pupitres hors cordes par rapport à la France et une parité plus nette pour les bois et cors.
lundi 23 mars 2015
Femmes et orchestre symphoniques en France : où en est-on en 2015 ? Partie 6 : Discussion et conclusion
Les principales informations observées après l'analyse de la proportion de femmes aux différents pupitres de l'orchestre sont les suivantes :
- Le pupitre des harpes reste complètement dominé par les femmes , où elles représentent 80 % des effectifs
- Les femmes sont très présentes aux pupitres des cordes frottées, en particulier les violons : plus l'instrument a un registre aigu, plus les femmes son présentes : elles sont majoritaires au pupitres des violons, et font jeu égal avec les hommes aux altos: en revanche elles ne représentent que 20 % des contrebassistes.
- Au niveau des pupitres des bois, les femmes sont très présentes sur la section des flûtes où elles sont majoritaires : au niveau des autres bois, elles représentent un peu moins de 20 % des effectifs, sans différence significative entre instruments
- Les femmes sont quasi-absentes du pupitres des cuivres : la seule section où leur présence est significative est la section des cors, et même dans ce cas, elles ne représentent que moins de 10 % des effectifs
- Les femmes sont très peu présentes aux percussions.
- Quasi absence des femmes à la direction d'orchestre
Ces observations sont remarquablement similaires à celles observées par Subin Raman en 2014 dans son étude sur la répartition des instrumentistes de l'orchestre par genre sur un nombre similaires d'orchestre aux Etats Unis (20) représentant un nombre similaire de musiciens (1833)
http://subyraman.tumblr.com/post/102965074088/graphing-gender-in-americas-top-orchestras
En particulier, la proportion des femmes dans les orchestres américains est très similaire à celles observée dans les orchestres français. Les proportions des femmes dans les instruments à cordes sont aussi très proches : parmi les bois, là encore, les flûtes sont surreprésentées ; de même, parmi les cuivres, le cor est le seul avec un effectif significatif féminin.
Si les femmes sont plus représentées dans certaines sections dans les orchestres américains (notamment, la proportion des femmes cornistes (et cuivres en général), hautboistes, bassonnistes est plus élevée par rapport à la France ; à l'opposé, les femmes sont plus présentes au pupitre des contrebasses en France), dans l'ensemble, les chiffres observés aux Etats Unis et en France sont très similaires.
Si la proportion des femmes dans les orchestres est notable, proche de 40 % des effectifs, elles restent confinées dans certaines sections, en particulier les cordes, et, parmi les autres instruments, la flûte et la harpe. Du fait que les cordes représentent la majorité des instrumentistes, en particulier les violons où les femmes sont souvent majoritaires, la proportion de femmes semble paritaire. Mais, en réalité, les femmes sont extrêmement sous représentées dans la plupart des sections de l'orchestre : les bois, à l'exception des flûtes, et surtout, cuivres et percussions, où elles sont quasi-absentes.
Les clichés sur l"association entre instruments "masculins" (cuivres, percussions, cordes graves), et "féminins" (harpe, flûte, instruments à cordes aigus tels que le violon) persistent encore en 2015, et cela s'observe de manière évidente au niveau des pupitres d'orchestre.
Globalement, il est observé une amélioration modérée en terme quantitatif en terme de proportion des femmes (37 % en 2015 contre 30 % en 1994), mais qualitativement, il n'y a pas de changement très significatif en terme de répartition au niveau des pupitres. http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=5&ved=0CD8QFjAE&url=http%3A%2F%2Fwww.culturecommunication.gouv.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F79680%2F603215%2Fversion%2F1%2Ffile%2FDC-103.pdf&ei=tKsQVYX8L4nbaPuOgIAL&usg=AFQjCNHw3ZecFd8DIpa1HJWEu4_SITJWJA&sig2=ENtCic9-TpjoVBNXdmB0JA&bvm=bv.89184060,d.d2s
Les chiffres observés en 2015 ne sont pas non très différents de ceux relevés par l'Association française des Orchestres en 2001, comme cités par Hyacinthe Ravet (à l'exception des percussions et des bois (et encore, le chiffre cité pour les bois (15 %) correspond à ceux obtenus pour les bois, à l'exclusion de la flûte) : domination nette au niveau des harpes, quasi-parité pour les cordes, quasi-absence chez les cuivres.
Hyacinthe Ravet, « Professionnalisation féminine et féminisation d’une profession : les
artistes interprètes de musique », Travail, genre et sociétés, 2003/1, pp. 174- 181.
Au final, la répartition des femmes au niveau des différents pupitres d'orchestre n'a que modérément évolué au cours des deux dernières décennies, avec toujours certains pupitres qui sont désertés par les femmes.
De même, la direction d'orchestre encore reste encore le quasi-monopole des hommes. Les clichés hommes-femmes ont encore la vie dure dans les orchestres français.
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